Lundi 23 février 2009
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Je viens de faire ma deuxième expérience sur mon cerveau (ou ma cervelle, pour dire
qu'on parle aussi de cervelle chez les hommes, contrairement à certaines rumeurs qui disent que la cervelle, c'est pour les femmes, et le cerveau pour les hommes).
La première, lundi dernier, consistait à me "planter" une centaine d'électrodes en plastique sur mon cuir chevelu, ce qui me faisait une tête de con (et attention à ceux qui vont dire que ça ne
change pas de d'habitude). Elles avaient préalablement été trempées dans un mélange d'eau, de savon et d'un truc gluant favorisant les transmissions cérébrales. Je devais répondre à des suites
logiques sur un ordinateur, enfermé dans une sorte de boîte en métal aux parois de 5 centimètres d'épaisseur (moi, pas l'ordi; enfin si, mais avec moi). Je ne devais ni bouger ni cligner des
yeux, sans quoi tout était faussé.
Le procédé était le suivant (entendez "B ne peut exister sans A" pour les affirmations) :
Affirmation: S'il y a A, il y a B
Proposition 1: Il y a A
Proposition 2: Il y a B
Conclusion: La réponse est juste
OU
Affirmation: S'il y a Z, il y a M
Proposition 1: Il y a Z
Proposition 2: Il y a K
Conclusion: La réponse est fausse
OU
Affirmation: S'il y a V, il y a E
Proposition 1: Il y a J
Proposition 2: Il y a R
Conclusion: La réponse est indéterminée
Le but de la manoeuvre était de trouver des personnes disposant d'une capacité à
déceler l'ironie, des personnes pragmatiques, produisant des ondes cérébrales spécifiques et intéressantes pour cette étude. Je suis apparement un pragmatique selon leur étude. Mais comment
décèlent-ils cela ?
Affirmation: S'il y a A, il y a B
Proposition 1: Il y a B
Proposition 2: Il y a A
Conclusion: La réponse est juste
Ceux qui disent que la réponse est fausse ne sont pas des pragmatiques. Ne me demandez
pas le pourquoi du comment de cette analyse, tout ceci se passe dans nos ondes cérébrales. Autrement dit, je suis incapable d'expliquer quoi que ce soit.
Et cet après-midi, j'ai fais trois autres expériences sur les sciences cognitives. Elles étaients bien sûr chiantes, mais je pouvais bouger à mon aise vu que je n'avais rien sur le
crâne.
On m'installe devant un ordinateur et je dois porter un casque audio. On me fait
défiler des séquences de timbres musicaux de différents instruments de musique pendant 12 minutes (bien évidemment, ce n'est pas de la jolie musique que j'entends, mais un ensemble incohérent et
moche de sons). Je dois ensuite répondre à des propositions fort "simples". On me donne deux extraits audio. Un seul des deux a été entendu pendant mon écoute, et ils ne durent que deux secondes
chacuns... Deux secondes à retenir sur 12 minutes. Assez dur. Bref, j'en ai eu un bon paquet à reconnaître. En fait, trois séquences avaient été mélangées pendant mon écoute, et je devais les
différencier. Cette expériences servait à comprendre les mécanismes d'apprentissages des nourrissons pour la langue qu'ils ne connaissent pas (je ne connaissais pas la langue "des timbres" qu'ils
me proposaient, donc j'étais dans le même contexte qu'un bébé).
Ensuite, on me pose devant un autre ordinateur. Des séquences logiques de cinq chiffres défilent. Par exemple: 18-20-22-24; je dois dire si la dernière proposition est juste ou fausse (26 juste,
28 faux). Ca va de 2 en 2, ou de 4 en 4, croissant ou décroissant, et c'est nul et simple. Mais j'ai fait trois fautes d'innatention sur la centaine de questions. Si seulement le test proposait
des suites un peu plus dures, de 8 en 8, ou même en changeant le mode de calcul, comme des multiplications au lieu de simples additions ou soustractions.
Comme dernier exercice, j'ai du répondre à une dizaine de questions sur ma personnalité. On me demandait sur des échelles de 0 à 10 si j'aimais chanter, si je chantais juste, si je jouais
d'un instrument, etc. On m'a aussi fait écouter des séries de quatre notes musicales identiques, du genre quatre do d'affilée. Et puis de temps en temps, la quatrième note changeait "en hauteur",
et je devais savoir quand. Une seconde analyse cherchait à savoir si je savais reconnaître les temps de pauses, même minimes, entre les notes. Bref, cet exercice était donné par un institut
national pour une étude sur tout le territoire. C'est pas beau de savoir qu'on va être l'une des 997 personnes en France qui auront réalisé l'étude ? Tout en bas du tableau de statistiques, on
pourra lire "étude réalisée sur un échantillon représentatif de la population française de 997 individus", alléchant. C'est cool, surtout que je déplore encore plus chaque jour que nous ne soyons
que des statistiques, et que notre nom n'apparaissent nul part.
"Qui êtes-vous?"
"Moi? Et bien je suis le numéro 0125586 de la sécurité sociale. Ou alors vous voulez un autre numéro? Je suis l'étudiant 2073010, ou encore le titulaire du compte B52 numéro 23593 du dossier
852"
"Ah, oui, je vois, une seconde, le temps de chercher sur nos fichiers... Mr Janin... Ah mais vous avez oublié de mentionner que vous déteniez le permis de voiture numéro 8456 de votre comté"
"Oh que je suis bête! Satané numéro!"
Mais je pardonne à cette société ces tristes statistiques à partir du moment où je suis payé. Bon d'achat de 15€ pour la première expérience qui a duré une heure, et 15€ par virement pour la
deuxième (payé 10€ de l'heure, je suis resté 1h30).
Je conseille donc à tout le monde de faire des tests comme ceux-là car il n'y a aucun risque pour notre santé (c'est pas moi qui le dit, ce sont les "scientifiques" - que j'adore). Je
tenterais bien les expériences médicales où ils te font tester des médicaments pour voir ce que ça fait, mais ça reste relativement dangereux: rien n'est plus précieux que la santé (enfin si,
mais on va pas délayer).