Archéologie Aérienne: Prospection

Il s'agit d'une technique de repérage de vestiges ou de sites par survol aérien.

Antoine Poidebard est un pionnier de l'archéologie aérienne. C'est une technique assez récente pour des raisons qui semblent évidentes: l'absence, il y a encore peu de temps, de transport aérien, et son coût. La prospection aérienne peut non seulement être très utile pour parcourir de vastes distances en peu de temps, mais aussi pour rendre visibles des zones peu accessibles par les moyens terrestres.

Des sites invisibles au sol, comme par exemple la nécropole de Chênegron (que vous pouvez voir ci-dessous à gauche), ne purent être repérées que par survol aérien.

      

A gauche: Nécropole de Chênegron.

Au milieu: Ferme Indigène et Gallo-Romaine de La Theurace.

A droite: Villa Antique de Saint-Martin-de-Bréthencourt.


La végétation s'avère être un bon indice pour retrouver des vestiges enfouis. Un deuxième indice serait constitué du relief, de l'humidité et de l'ombre (tumulus). La terre peut également être d'une couleur assez spécifique (comme pour les céramiques par exemple).

Lors d'une crue, on retrouve parfois certains indices qui peuvent nous amener à penser qu'il y aurait des vestiges. Voilà pourquoi les phénomènes climatiques, même s'ils peuvent s'avèrer rares ou désastreux, restent des fois intéressants pour l'archéologie.

Mais l'archéologie aérienne possède ses propres limites. Outre la météo (pluie, vents), malheureusement incontrolable (ou heureusement, à voir), elle doit faire face à l'agriculture, qui détruit des vestiges entiers ou peut empêcher les archéologues de monter un projet.

Il faut aussi se méfier de certains leures. Toutes les formes repérables de manière aérienne ne sont pas forcément signes de vestiges protohistoriques, antiques ou médiévaux. Il peut tout simplement s'agir de formes faites par l'Homme il y a peu de temps (trous d'obus rebouchés par exemple), ou résultant de la nature elle-même. Et toutes les formes ne sont pas toujours visibles du ciel: les vestiges sont parfois trop profonds et ne laissent pas apparaître quoi que se soit en surface.

La datation n'est pas toujours très précise. Si on arrive à distinguer un cercle dans un champs, il peut être le résultat de périodes très différentes: tombe celte, motte castrale, etc.

Retranscription du commentaire de l'image illisible:

C'est un schéma d'un champs céréalier. Il est à mettre en lien avec une des photographies plus haut.
Lorsque qu'il existe un ancien mur sous terre, les végétaux ont plus de mal à pousser: leur couleur est moins éclatante, ils atteignent une taille plus petite. Par contre, lorsque les végétaux poussent au-dessus d'une ancienne fosse qui a été comblée, on note que leur taille est plus grande que la moyenne, et ils ont une durée de vie plus longue. Tout ceci permet aux vestiges d'être facilement identifiables alors qu'ils ne sont pas visibles directement. Le survol d'un champs peut ainsi mettre en avant les différentes couches de vestiges aux vues de la coloration des pousses ou de leurs différentes tailles.

En bref: les excavations sont révélées par une meilleure croissance de la végétation; les substructions sont révélées par un défaut de croissance de la végétation.