Fauvisme


FAUVISME: 1904-1906 - Matisse, Derain


C'est le premier mouvement radical des avant-gardes. Les artistes du fauvisme se situent dans l'héritage du post-impressionnisme. Le tableau est construit de telle sorte qu'on n'oublie jamais qu'il s'agit d'un recouvrement. On délaisse le dessin au profit de la couleur, de la connaissance, de la liberté. La couleur n'est alors plus enfermée dans l'esquisse. L'artiste souhaite éviter le spectateur passif et surtout la contemplation.

Matisse (1869-1954) a une très forte personnalité. Il s'inscrit à l'Académie Julian. On y enseigne l'art académique mais il s'y ennuie. En parrallèle, il s'inscrit aux cours de l'Ecole des Arts Décoratifs, alors jugés comme mineurs. Il y rencontre Moreau qui considère qu'un élève doit avoir un potentiel artistique autonome. Les élèves doivent se développer par eux-même.


En 1897, il permet à Matisse d'exposer une de ses oeuvres, La Desserte, dans laquelle on ne voit à priori aucune nouveauté. Cependant, la table est affirmée avec une diagonale très importante. On affirme la surface. De même, on peut voir les touches de peinture et non pas un effet leché. Elles donnent un rythme, une palpitation et une vie à la toile.




Derain (1880-1954) est totalement autonome et autodidacte. Il rencontre Vlaminck et sympathise avec lui par des lectures politiques. Ils explorent tout deux leur sensibilité anarchiste.

La Seine au Pecq (1904) est un sujet iconographique totalement révolutionnaire. Il y a de la vitesse, du mouvement. Rien n'est figé, pas même les arbres ou la route. Le choix des couleurs est très important. Le rouge est beaucoup utilisé. Il y a une transposition de la couleur, utilisée autrement.

Derain traduit des perceptions d'énergie, de chaleur. On tend vers l'expression des perceptions. Les touches de pinceau et de couleur sont très importantes.

Vlaminck (1876-1958), avec Le Pont de Chatoux (1903), nous montre bien l'importance des couleurs: le bleu, le rouge, le jaune, soit les couleurs primaires.

Cette utilisation chromatique veut nous donner la vie, une sensation qui englobe le paysage. On permet au spectateur de comprendre ce qu'était l'environnement du moment, de l'instant de la peinture.



En 1904, Matisse va chercher à comprendre l'héritage qu'il conçoit de l'impressionnisme. Signac (néo-impressionniste) est contacté et invite Matisse dans le Sud de la France. Il y réalise Luxe, Calme et Volupté en 1904-05. Il explore la question de l'autonomie de la couleur. On cherche encore à exprimer une sensation. Il s'appuie sur le néo-impressionnisme qui se caractérise par un procédé plastique appellé pointillisme (on pose sur la toile des points de peinture pour que les couleurs ne se mélangent pas), et sur un autre procédé appellé divisionisme (relation de la couleur et de la lumière,,des sciences exactes, de Chevreul (1839), de la loi du contraste simultané, qui part de Newton, de la lumière-couleur).

On ne s'intéresse donc pas au clair-obscur. La couleur est la lumière, et elle est libre. Chevreul démontre que des couleurs complémentaires posées l'une à côté de l'autre sont beaucoup plus expressives (cercle de Chevreul).


Après cette oeuvre, Matisse rencontre Derain. Au même moment, ce dernier réalise une autre Seine au Pecq. Ils partent au bord de la mer pour travailler ensemble. Notons deux des oeuvres qui en découlent:

Matisse - La Moulade - 1906                                                 Matisse - Fenêtre ouverte à Collioure - 1905