Land Art

                

De gauche à droite:


Michael Heizer - Black Rock Desert - 1968

Robert Smithson - Spiral Jetty - 1970

Christo - Pont-Neuf emballé - 1985


Avec le Land Art apparaît une dimension politique liée à l'écologie. L'oeuvre d'art créée est impossible à vendre ou a exposer dans de simples galeries d'art. C'est une opposition claire au capitalisme d'aujourd'hui: l'oeuvre d'art ne peut être un objet marchant et on arrive alors à une utopie de la pureté. Néanmoins, ce type d'oeuvre d'art nécessite de l'argent, et les artistes doivent faire appel au mécénat (reconciliation de l'artiste et de l'instance politique).


Smithson est un amoureux de l'Utah, aux Etats-Unis. Il se trouve qu'il apprécie plus particulièrement un lac, le Great Salt Lake. Il décide alors de monter un projet autour de ce lieu en 1970: Spiral Jetty.

Le lac possède la faculté de créer un tourbillon: rendre visible l'invisible. Le tourbillon pose la question de la disparition. L'oeuvre est soit visible, soit invisible suivant la force du tourbillon. La forme joue aussi un rôle majeur: elle ne revendique pas un centre, mais un espace décentré. De plus, suivant les époques et les temps, l'eau prend une couleur spécifique (rouge, bleue, verte, violacée).


Pour l'oeuvre présentée ici, Heizer est allé jusqu'à creuser dans le sol du Black Rock Desert des tranchées qui deviendraient ses propres oeuvres d'art, aujourd'hui encore existantes. Mais ce n'est justement pas toujours le cas avec le Land Art, la nature reprenant souvent ses droits, notamment lorsque l'oeuvre est réalisée en milieu aquatique. De même, pour Christo, l'essentiel n'est pas de faire perdurer ses empaquetages, puisque justement ils sont temporaires, mais de donner de nouvelles visions au public pour leur offrir un vent de liberté. Notons qu'il a aussi emballé le Reichstag à Berlin (1995) ou des îles entières à Miami (1983).