Structure des Avant-Gardes

Le terme vient de l'avant-garde, c'est à dire la formation militaire qui partait au combat en premier. Le terme finit par se déplacer dans le domaine de l'histoire de l'art pour qualifier les collectifs d'artistes qui sont des découvreurs et prennent des risques assez conséquents. Ils militent pour le temps de demain: partir du présent pour regarder les futur. Ils ont une certaine utopie sur le monde. Leur idéologie est celle du progrès.

Les mouvements d'avant-garde sont successifs et s'installent sur un processus de rupture. Les avant-gardes se terminent vers la fin des années 70, lorsque les idées communistes chutent. Il est en effet observable que les avant-gardistes aient été attirés par les idéologies politiques de gauche.

Les artistes se retrouvent par affinité esthétique mais aussi éthique. Pour eux, l'art permet l'exploration de la liberté. C'est en partie l'ère industrielle qui va engendrer ces questionnements de positionnement par rapport au capitalisme.

Avec l'ère industrielle, on parle de modernité. En 1859, Baudelaire écrit un texte intitulé Peintre de la Vie Moderne et le fait paraître dans Le Figaro en 1863. Ce texte a une grosse répercussion. Pour Baudelaire, le peintre de la modernité est celui est celui qui parvient à saisir le présent et en répond de par son oeuvre. Une nouvelle forme de beauté se met en place, notamment à travers l'éphèmérisme. Les artistes vont incarner les idées de Baudelaire.

On observe dans les mouvements d'avant-garde une forme de violence et de provocation, mais toujours dans le respect d'autrui. Il y a un engagement révolutionnaire. Beaucoup d'artistes vont écrire des manifestes artistiques pour se faire comprendre, sous forme de tracts et sous langage moderne. Certains artistes sont même des théoriciens. On note une grande rupture avec l'académisme, intemporel et figé, qui correspond encore à l'art officiel, à l'art de la bourgeoisie. Or, les artistes des avant-gardes y sont totalement opposés. En effet, l'art académique répond à des canons de beauté. Pour réussir, on doit savoir reproduire et ne pas se laisser inspirer. De plus, il s'appuie sur un contenu littéraire, contrairement aux artistes qui croient en leur médium plastique.

Techniquement, la peinture est très léchée, et on ne voit pas l'expression de l'artiste, qui devient alors anonyme. L'avant-garde démocratise l'art et ne le rend donc pas accessible qu'à une élite. On s'oppose au bel idéal, lié à l'illusionnisme, qui masque les réalités du monde (beautés mais aussi problèmes et difficultés).

Nietzshe est un philosophe qui va énormément inspirer et va faire l'éloge de trois éthiques. La première est la transmutation des couleurs. La deuxième est la mort de Dieu (chute de la croyance due à l'ère industrielle qui oblige à se confronter au réel). La troisième est la joie tragique (désillusion face aux guerres qui conduit à adopter une attitude de nostalgie - refusée par les artistes - ou de joie tragique, de tragédie et de souffrance qu'on dépasse avec la modernité).

On observe toutefois des paradoxes, telle la rupture et le renouvellement. Il se créé une sorte de répétition, une sorte de figement. De plus, la démocratisation de l'art fonctionne bien, et cela même au niveau de la bourgeoisie. Certaines oeuvres sont achetées par des bourgeois, ce qui montre que cette catégorie de la population s'ouvre. Ils n'échappent pas totalement à l'élite avec laquelle ils établissent un compromis. Avec l'ère industrielle, de nouvelles classes se forment , et certains de ses dirigeants sont très sensibles à l'art d'avant-garde.