Autant en emporte la pensée

Dimanche 12 juillet 2009

La brume se lève, tu largues l'amarre d'avant, le croupiat aussi.
Tu t'engages dans le Chenal Sud, tu passes Rocky Neck, Ten Pound Island.
Tu longes la lagune où je patinais quand j'étais môme, un coup de corne.
Tu décoches une vague au fils du gardien de phare, où t'as les miaulards qui rappliquent,
les manteaux noirs, les mouettes argentées, et puis les cormorans aussi.
Un rayon de soleil, cap au Nord, à pleine puissance.
Tu files bon train maintenant.
L'équipage s'active, t'es à la barre.
Et voilà, tu es capitaine de pêche à l'espadon.
Et qu'est-ce qu'il y aurait de mieux au monde?


Chère Sarah,

Ressentir le souffle de ta voix alors que tu devais écrire ces mots m'a été d'un grand réconfort. La guerre et la mort occupent toutes nos pensées et viennent nous hanter jusque dans nos rêves. Nul lieu où se réfugier pour échapper à l'enfer ardent qui sévit sur nos terres depuis maintenant plusieurs années qui nous semblent à tous une éternité.
Savoir qu'à chaque instant tu profites des derniers rayons de soleil pour illuminer nos journées assombries par un ciel si gris nous donne chaud au
coeur. La peine et le desespoir envahissent les gens et les rendent plus craintifs. Personne n'ose ne serait-ce que parler de ce qui nous arrive, par peur de représailles. Il est bien des choses plus affreuses dans ce monde qui accablent de pauvres gens sans défenses. Mais ici, les bombes ne cessent de tomber sur nos toits et ne laissent que peu de répit au plus courageux. Rien que hier notre voisin s'est fait décimer un tiers de son troupeau. Un groupe a tenté de se soulever et la bataille s'est produite dans son champs. Elle ne fut que de courte durée et les survivants ont été fusillés. Triste jour pour tout le village, qui a vu mourrir ses enfants qui se battaient pour la liberté.
Rien que de t'écrire cette lettre nous fait courir un risque à nous tous. Mais Marie s'inquiète sans pareil pour toi et n'arrête pas de penser à toutes les horreurs auxquelles tu dois faire face. Il est vrai que si nous devons nous survivre ici, il n'est de plus honorable action que celle que tu accomplis auprès de tous ces soldats qui tombent au champs d'honneur. Nous prions chaque jour que le Seigneur nous offre pour que tu parviennes à sauver de nouvelles vies.
Depuis quelques jours, un vent frais s'est levé sur la côte, venant de l'Ouest. La Manche nous envoie ses fraîcheurs d'automne. Ce matin, je suis allé sur le vieux quai, respirer l'air du large et regarder cette liberté qui s'étend à perte de vue. Les nuages s'entremêlaient au loin, présageant une tempête. Bien que triste, la masse sombre du ciel reprenait quelque peu des couleurs grâce aux rayons de soleil qui parvenaient à la percer. Cela m'a donné bon espoir quant aux évènements à venir. En rentrant, Marie m'a fait la surprise d'une tarte. Je ne sais pas où elle a réussi à trouver les quelques pommes qui la garnissait par les temps qui courent, mais nous en avons apprécié chaque bouchée.
Ton cousin Louis a enfin reçu son autorisation pour partir en mer pêcher. Tu sais ô combien il rêvait de larguer les amarres pour une saison. Espérons qu'il saura être un fidèle successeur de son père et ramener quantités de poissons. Je regrette déjà l'idée que les prises lui seront de suite réquisitionnées pour la plus grande partie. Mais rien ne saurait entrâver sa joie du moment et l'empêcher de vivre sa passion de capitaine de bateau. Nul doute qu'il a toujours été fait pour cela. Je suis pas contre plus désolé et attristé de t'apprendre que notre bon monsieur Jean est porté disparu en mer depuis maintenant sept jours. Il aurait été pris de nuit entre les feux d'artilleries des deux marines et son chalutier aurait sombré aussitôt. Par chance, si j'ose dire, non sans vouloir manquer de respect aux centaines de morts qu'il y a eu, nos alliés sont parvenu à faire couler leurs adversaires, et c'est par leur biais que nous avons appris la nouvelle. Un morceau de la Mary-Jane a été repêché au large de par la suite.
Les nouvelles ne sont donc pas des plus bonnes aujourd'hui, mais je pense que tu ne t'attendais pas à en avoir de bien positives. Essayons seulement de garder courage et espoir quant à un meilleur futur. Je préserve entre mes mains fragiles le peu de chaleur que tu arrives à me faire parvenir et qui nous aide tous à tenir, dans la joie de voir que tu te portes mieux que nous, même si les épreuves que tu endures sont des plus difficiles.
J'espère que la personne à qui nous avons donné ce petit mot arrivera à te le faire passer. Que cette lettre te réchauffe le coeur tout comme la tienne la fait pour les nôtres. Nous te faisons tous de très gros baisers et te souhaitons la plus grande bravoure.
Nous t'aimons et ne t'oublions pas.

Ton oncle Henrie et ta tante Marie.
29 Septembre 1943, Granville.

Par Antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 1 juillet 2009

Le sénéchal s’avança vers le gueux couché dans la boue. De ses yeux cruels, il dévisageait la silhouette agonisante. « Le roi te demande, vous demande tous de vous acclimater à votre nouvelle vie. Désormais vous naîtrez, vous vivrez et vous mourrez dans la boue ». L’homme recrovillé laissa échapper un dernier gémissement. Le sénéchal, sa mauvaise conscience repue, balaya une dernière fois la foule de son regard méprisant et s’en alla.

Written by Laetitia - July 2008


Je vais faire la grève des vidéos, puisqu'aucun semble apprécier le fait que je fasse de beaux montages sur notre grande amitié sembable à - comment est-ce déjà - ah oui, "une tour d'airain". Non ne prends pas peur Victor, c'est de l'humour, je dis ça pour rire, pour me moquer un peu de moi parce que visiblement il le faut.
Par contre, je crois que je vais vraiment finir par ne plus écrire. Il n'y a aucune raison que je sois le seul à mettre à jour mon blog alors que vous en avez tous un. Vous pouvez vous détendre ou vous arracher les cheveux en le lisant, alors que moi, le pauvre gars qui a le plus besoin d'occupations ces temps-ci, je ne le peux pas. Même pas une musique ennuyante à me mettre sous la dent. C'est d'une tristesse exaspérante.

Je me suis remis à écrire Absolution - encore une fois, je sais. Cinquante chapitres, ce n'est finallement pas rien, et ça me donne encore plus envie d'arriver à terme. Le problème, peut-être, c'est que chaque heure pendant laquelle j'écris me donne de nouvelles idées de textes ou de chapitres, et je n'en finirais jamais si je suis à chaque fois mes idées.
En parlant d'écrire, j'ai ajouté une page au blog, un gros, très gros, questionnaire sur moi. Je m'ennuyais légèrement, donc j'ai décidé de le remplir, alors s'il y a des amateurs pour de la lecture, je leur en prie.


Des contes et légendes, une boucle infinie,
Distord le temps, l’espace, en tant de fantaisies,
La boucle temporelle, et le temps qui s’enfuit
Poursuit l’homme et la terre, redéfinit la vie.

Written by Victor - July 2008


Hier, je rentrais de Lyon après avoir rendu mon costume d'Oncle Sam des Classes, et le soleil était splendide. Mes parents étaient sortis, donc nous n'étions pas près de manger. J'ai donc attrapé l'appareil photo pour aller faire un tour. Je suis d'abord monté vers les vignes du Chemin de Mars (en gros, là où on a refait du judo avec Tommy). Les clichés sont superbes. Puis j'ai continué ma route jusqu'au château d'eau et les champs de blé et de maïs de l'autre côté de la colline. En revenant chez moi, je me suis arrêté quelques instants au Chemin des Gueules Noires (qui était bloqué, c'est bien ma veine, vas t'en sortir à reculons). Alors là, j'ai fais quelques belles photos, surtout avec les tournesols qui commencent juste à être en fleurs. Laetitia, toi qui est amatrice de photos, je te conseille d'en prendre un max sur Communay en ce moment, il y a de très beau couchers de soleil.
Marcher dans un champs de blé et extraordinairement agréable. J'ai même eu le plaisir simple de courir à travers les tiges, et avec la chaleur du soleil couchant, c'est un petit plaisir dont je ne pourrais pas me passer. Alors je sais que vous allez peut-être trouver ça ridicule, mais certains aiment marcher les pieds dans l'eau sur la plage, moi je préfère en tout cas marcher dans mes champs de blé.

Je vous quitte mes chères âmes errantes. Vivez la vie, aimez-la, dansez-la, et soyez heureux comme vous l'êtes.
Par Antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 14 mai 2009

"Essayez de baiser une femme de 40 ans,
vous connaitrez le bonheur de vous accrocher à ses hanches grasses,
le résultat de plusieurs grossesses".


Je vais peut-être passer sur le fait que mes parents sont tombés dessus vu que j'avais laissé cette phrase sur un post-it en plein milieu du bureau de l'ordinateur.

En tous cas, je ne peux dire qu'une seule et unique chose: l'auteur de cette phrase - ce n'est pas moi, mais ça aurait pu - a sans aucun doute raison.

J'ai choisi cette citation pour introduire mon article du jour. Car j'ai pris une petite résolution (même si je sais qu'elles ne sont jamais tenues). Je vais tenter d'écrire le plus souvent possible sur le blog, même si je ne le pourrais pas tous les jours, étant donné que je n'ai pas d'ordinateur personnel. La tache est donc plus ardue.
Vous remarquerez aussi que j'ai remasterisé le blog aux couleurs hippies. Après un passage dans le noir et le gris de la vie, j'ai décidé d'entrer dans les couleurs de la vie (du moins en ce qui concerne le blog). Non, attention, inutile de vous enflammer, je ne suis pas devenu un genre de baba-cool qui se promène pieds nus à longueur de temps (même si c'est le cas) et qui fume du cannabis dans ces moments perdus (bientôt bientôt lol).
J'ai viré aussi les musiques et sons précédents, assez durs et secs, et les ai remplacé par du youkoulélé et de la cithare, plus exotiques. Prenez de l'encens ou toute autre merde identique et cancérigène (important ça, que ça bouffe les poumons), asseyez vous en tailleur, de préférence à l'aise dans un vieux pantalon en toile de jute, et faites du yoga et de la méditation sur ces airs. Vous verrez, vous vous en ressortirez grandis.

Donc je parle, je parle, mais je n'avance pas dans mon sujet: le bel âge. Ah ... Le bel âge ... Ne croyez pas immédiatement que je vais encore parler comme un déluré avide de chair nouvelle (- Et ce n'est pas le cas. - Tant mieux. Vous avez faillit me convaincre). La phrase était intéressante, et il me semble que c'est Michel Fugain qui l'a sortie, mais c'est pas sûr. En fait, ça concernait sa vision hippie dans sa jeunesse et il en faisait l'éloge. Enfin ... Si ce n'est pas lui, la personne qui l'a dit en faisait l'éloge.
Et ça parlait  de communautés et d'autres trucs dans le genre, du partage de la nourriture au partage du sexe. C'était marrant. La seule chose qui est peut-être à regretter dans ce phénomène, c'est l'essor de la drogue dure et donc de toutes ces conséquences sur les personnes en premier lieu, mais aussi sur l'image du mouvement. Une comédienne connue dans son milieu (en gros, pas par moi) disait qu'elle avait perdu les trois quarts de ses amis quand elle était hippie, presque tous morts des suites de la drogue. Et c'est peut-être là le talon d'Achille de ce grandiose mouvement qui a engendré Woodstock.
J'aimerais rendre un bref hommage au nomade que nous avons croisé lorsque nous vendions des brioches pour les classes (d'ailleurs ce jour mériterait un article, vers le 28 juin probablement). Il est venu squatter avec nous. Il s'est installé sur le bord du rond point, avec son mini-van, a sorti sa chaise longue en bois et en tissu. Il était habillé un peu comme un baba-cool et avait l'air, c'est le cas de le dire, très cool. On a même appris qu'il entretenait une relation peu catholique avec une fille qui avait un copain, et il a monté tout un stratagème pour l'appeler sans se faire pécho par son mec. Un grand homme. Je veux dire, pas grand comme l'a été De Gaulle ou Napoléon (par pitié ne me sortez pas un vieil anglais aristocrate, à moins qu'il ne s'agisse de Churchill), mais grand dans son milieu tout de même.

J'achève ici cet article, mon attention s'est portée ailleurs sur Wikipédia et Facebook. A bientôt pour de nouvelles aventures, et surtout beaucoup de nouvelles conneries.
Par Antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 8 avril 2009
Ca fait un baille que je n'avais pas mis les pieds ici, que ce soit pour voir ce qu'il y avait de nouveau (quoi que vu que c'est moi qui l'écrit, je sais très bien s'il y a du nouveau ou non, mais bref, passons) ou pour écrire quelques petites bêtises.

En réalité, je crois que je vais faire un petit medley de toutes les belles choses qui me sont arrivées depuis ces derniers temps, vu que la majorité d'entre vous qui lisez (pas tant de monde que ça finallement) ne me voient plus ou très peu.

Mais avant de commencer, je tiens à signaler que je suis en salle info de la fac bloquée et qu'il y a un gros porc qui renifle sans arrêt alors qu'il n'a rien à renifler (ce qui somme toute encore pire que s'il coulait du nez), ce qui provoque aussi un bruit assourdissant et très dégueulasse. Mais je vais passer outre, n'oublions pas que nous sommes à Lyon2, terre d'accueil de tous les hippies immondes qui ne changent jamais de sous-vêtements. Je ne sais pas d'où je sors ça, peut-être du fait que je suis tombé sur un blog étrange il y a quelques jours; c'était un fana sadomasochiste gay qui avait un super hobbie, fétichisme assez crade: garder les mêmes slips des jours et des jours, puis les renifler (et c'était encore mieux quand il y avait des taches). Autant dire que je suis tombé sur quelques photos, et j'ai vite quitté, la gerbe me montant à la bouche.

Je m'ennuie tellement chez moi en ce moment car la fac est bloquée (avec un vote pour, un vote contre chaque semaine, c'est à ne plus rien comprendre, mais moi j'abdique, je dépose les armes). Mais bon, je n'ai pas envie d'épiloguer sur le blocage et sur l'université. "Tout ça pour dire quoi" me direz-vous. Et bien tout ça pour vous dire que j'ai fais un pas en avant dans ma vieillesse prématurée. Non content d'avoir 20 ans dans exactement 49 jours, 6 heures et 45 minutes, je m'emmerde tellement que je suis amené à penser comme les vieux, à agir comme les vieux, à parler comme eux aussi, mais surtout à faire les mêmes activités. Limite si je ne vais pas à la marche avec le Club du Bel Âge chaque mercredi matin.
Et oui, vous allez être surpris, mais je fais mon potager. "Quelle horreur" vous allez dire. Tout à fait d'accord avec vous. Pourtant, il y a une bonne semaine, j'étais à Leader Price avec Véro (pas ma mère incultes) et je suis tombé nez à nez avec le rayon jardinage (qui se résume en fait à une étagère). J'ai acheté par pure folie des graines de choux rouges, de salades, de carottes et de courgettes. Mais insatisfait, j'ai encore acheté quelques jours plus tard, puis hier avec ma poule, des graines d'épinards, d'aubergines, et même de pastèques (d'ailleurs, vous allez en manger, j'ai 30 pieds, et ça fait plusieurs fruits un pied). Puis des fleurs aussi.
Donc j'ai bêché je ne sais combien de m2 de terre et j'ai tout planté. C'est triste. Je passe pour un vieux maintenant. S'emmerder à ce point, c'est fort. Je pourrais éventuellement aller travailler, surtout que mon compte en banque s'assèche dangereusement dernièrement (mais je dois recevoir un dernier virement dans peu de temps, donc courage). Mais j'en ai plus qu'assez de trier des plaquettes de beurre de Planta Fin ou de ranger des petits pots écrémés Senoble alors que je préférerais de loin les manger.

Mais arrêtons de parler de victuailles et de travail chiant. Car j'ai trouvé le job de mes rêves. Au passage, si tu me lis, Laetitia (ce qui m'étonneras vu que tu es faienante de lire plus de trois lignes et que t'attends suremment un message de tu sais qui (non pas Voldemort, c'est nul cette blague), et au fait, l'autre crado vient de faire un reniflement accentué exécrable), je suis dans le regret de t'annoncer que ton projet de monter une ligne de fast-food bio tombe à l'eau. L'idée t'a été piquée par un parisien qui est en train d'ouvrir son cinquième restaurant dans la capitale, et en plus ça marche. Comme quoi, tes idées sont parfois intéressantes.
Donc comme je disais pour moi, j'ai un boulot attrayant. Vous savez pour la plupart que je compte bien prendre une "année sabatique" entre la licence et le master (mais ce n'est pas définitif). Enfin, c'est pas une année à rien glander, c'est plutôt une année à l'étranger pour apprendre une langue et bosser. L'Italie, pourquoi pas, mais un pays anglais, c'est mieux (mais non, pas l'Angleterre cancrelat, tu veux ma mort ou quoi?).
Bref, j'avais cherché aux Etats-Unis en premier lieu, rien d'étonnant. J'était même partant pour faire la saison de la pêche au crabe en Alaska (c'est pas la peine de faire cette tête étonnée ou cette tête qui à l'air de se foutre de ma gueule devant votre écran). Malheureusement, j'ai vite déchanté. Le visa pour travailler aux USA coûte la peau des fesses, et travailler au noir (ouch!) et un bon moyen de m'envoyer croupir dans une vieille geôle polaire perdue au fin fond des neiges arctiques).
En fait, je ne sais pas pourquoi je vous parle d'un job pour une année sabatique puisque le boulot idéal n'a rien à voir avec une seule année, mais avec toute une vie. Avez-vous vu Out of Africa avec la belle et splendide Meryl Streep? Je vais considérer que oui. Karen Blixen, danoise d'origine, habite au Kenya où elle monte (sans succès, c'est dommage) une ferme pour faire pousser des caféiers. Et c'est justement cette formidable expérience qui me donne l'envie de faire un truc comme ça. J'ai dit ça à mes parents qui se sont évidemment foutus de moi. Mais on parle de caféiers, mais c'est tout aussi valable pour des cacaotiers ou des théiers. Ils me disent que c'est une idée qui existe déjà depuis des centaines d'années, et que je ne vais pas faire fortune là dedans. Deux choses à répondre: qui parle de faire fortune et c'est un doux rêve.

Ce qui rend ce genre d'aventure impossible de nos jours, c'est tout le bordel en paperasse et toutes les lois qui encadreraient ce genre de plantation, de plus qu'il faudrait s'expatrier en Amérique du Sud ou en Afrique Centrale, voire en Asie (très peu pour moi l'Asie). Ce qui était "relativement fort simple" il y a au moins soixante ans ne l'est plus aujourd'hui. Mais si j'avais les réels moyens de faire une ferme ou une plantation de ce type, autant dire que je partirais.
J'ai osé dire, attention, à mes parents que de toute façon, ils se contentaient de vivre à la manière de tous leurs voisins, qu'ils avaient une vie tristement formatée qui ne leur laissait pas la place au rêve ou à la liberté d'entreprendre ce qu'il voulait. Attention mécréant! Grave erreur! Je me suis fais gentillement ramballé lorsqu'ils m'ont dit que moi aussi je vivais cette vie pourrie, car j'habitais encore chez mes parents et était incapable de tenter tout ce que je dise (inutile de dire - mais je le dis quand même - qu'ils m'ont aussi dit que je changeais d'avis et d'envies tous les mois). Et justement, je préfère vivre au jour le jour, quitte à manquer de sous. Mais chacun se fait son idée des choses, et désolé pour Marie ou Victor (je prends ces cas précis par rapport à vos études, pas par rapport à vous), mais faire des études comme les vôtres qui meneront à un emploi bien payé (c'est quasi sûr et tant mieux pour vous) mais aussi vous condamnant à faire toujours la même chose en gros (c'est mon avis, c'est tout) et surtout à rester cloîtrer dans des labos ou des salles (beaucoup de parenthèses je remarque), et bien ... euh ... y'a pas de fin à ma phrase, mais vous avez compris quoi.

Je crois que j'ai assez parlé de travail. Je vais finir ce long monologue sur des films. Hier, j'ai commencé à regarder Gladiator, puis lassé de l'avoir vu trop de fois, j'ai préféré le remplacer par Alexandre. Je ne l'avais ... Oh attention, James Bond vient de rentrer dans la salle, lunettes noires et malette cuir renfermant les codes de l'arme secrête des soviets. Donc, je ne l'avais jamais vu en entier, le dvd bueugant à chaque fois. Il a de nouveau bueugé mais j'ai réussi à passer outre (sauf les cinq dernières minutes du film que je n'ai pas pu voir, le dvd a sauté, mais je vais tenter de regarder sur Youtube). Alexandre est vraiment vraiment une légende. Quand au collège Aristide (prof d'histoire pour les gens qui savent pas) nous disait qu'il était allé jusqu'en Inde, ça me passait au-dessus, ça m'intéressais mais sans plus. Pourtant, le film à tout fait ressurgir. Ce n'est qu'un film bien sûr, et probablement loin de la vérité tellement Alexandre le Grand a fait l'objet de récits, mais c'est fantastique. Quand il arrive en Inde et se bat contre les éléphants, ces hoplites aux casques de bronze déteignent dans le paysage de jungle. Mais on a envie que d'une chose, c'est qu'il aille plus loin. Comptant rejoindre les rives de l'océan extérieur pour revenir par le Nil, il ne se doute pas une seconde que tout l'Empire Chinois s'étend encore derrière l'Inde. Et la seule chose que je souhaite intimement à ce moment là, même si je sais pertinnement qu'il ne l'a pas fait dans la réalité, et qu'il ne le fera pas non plus dans le film, c'est qu'il franchisse l'Indus et pénètre en Chine. Imaginez un seul instant la gloire et le rayonnement de la Macédoine à travers le monde, "l'empire qui est allé jusqu'en Chine combattre contre les terribles armées de la dynastie Zhou".
Mais malheureusement ce ne fut pas le cas. Alexandre le Grand est néanmoins un "Grand" - c'est le cas de le dire. Et j'aurais été fier de servir à ses côtés. Non, ne rigolez pas, c'est vrai. Oui, je sais que je dis ça maintenant, et que j'aurais sûrement pris mes jambes à mon cou si un éléphant surmonté d'une troupe de barbares m'avait foncé dessus. Mais laissez-moi à mes rêves, à mes soupirs d'une Antiquité merveilleuse où des choses immenses restaient à découvrir, alors qu'aujourd'hui on connait pratiquement tout des autres peuples qui vivent sur Terre. Rares sont les tribus n'ayant encore jamais été observées par la civilisation actuelle (au singulier, je sais). Et puis ce ne seraient que des tribus, et non des civilisations entières.

Je viens de voir, en faisant des recherches sur ce héros éponyme, que son tombeau n'avait jamais été découvert depuis des tremblements de terre. Voilà qui me donne encore plus envie de faire de l'archéologie. Car s'il y a bien un corps de métier dans lequel il reste beaucoup de choses à découvrir, c'est bien l'archéologie (sans compter la science pure évidemment). Ne serait-ce pas merveilleux que dans plusieurs dizaines d'années vous appreniez que le célèbre archéologue Antoine Janin, parmi les plus réputés, ait découvert la tombe perdue du Grand Alexandre? J'en rêve déjà.
Par Antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mercredi 4 mars 2009

J'ai choisit de retranscrire ici le discours d'un professeur, Georg Buehler, prononcé au SKS, the Self Knowledge Symposium en octobre 1998.

Pourquoi ? Parce que je trouve qu'il exprime très clairement mes opinions des choses, à ce moment précis comme dans beaucoup d'autres occasions.

Je ne garantis pas de faire une traduction excellente et sans reproche du texte d'origine, ni d'arriver à en exprimer toutes les idées en français, aux vues de mon niveau en anglais. Mais je garantis néanmois que c'est un discours profond et réfléchi qui donne envie.

 

-- -- --

" Ce fut un privilège... "

 

Quand je suis allé voir "Titanic" à Boston, mes attentes étaient faibles. J'avais entendu ce que beaucoup de critiques avaient dit: les dialogues étaient mauvais, c'était un film aux effets spéciaux habillé comme un costume de théâtre, c'était, selon les mots d'un critique, "le seul film que vous auriez juré avoir été écrit et réalisé par Karl Marx". Et oui, tout ceci était vrai.

Mais le film me surprit... Il me transporta d'une manière à laquelle je ne m'attendais pas, et avec des scènes très simples.

Il y a une scène, vers la fin du film, lorsque le bateau est sans aucun doute en train de couler et que toute la foule des passagers attend sur le pont dans une panique incrédule. Les musiciens, le quatuor à cordes qui jouait pour les passagers riches dans la salle à manger, sont appelés sur le pont et amenés à jouer, pour calmer les passagers (c'est un peu l'histoire que j'avais entendu avant, sûrement celle que tout le monde connait à propos de l'histoire du Titanic - ah, oui, je me rappelle qu'ils jouaient alors que le bateau sombrait). Et ils jouèrent calmement dans un effort mesuré, apaisant d'une manière que seules les cordes de musique classique peuvent apaiser.

Peut-être cela aurat-il pu marcher... Nous les avions déjà entendu jouer, dans de nombreuses scènes de banquet, toujours au second plan... Peut-être que tout n'était pas perdu. Au bout d'un moment, pourtant, le contraste est trop frappant: aucune quantité de musique ne peut changer le fait, tout le monde le sait, qu'ils vont mourir dans l'eau noire, froide. L'un des joueurs dit: "à quoi bon, personne ne nous écoute". Le meneur dit, avec claireté et honnêteté, "ils ne nous écoutaient pas non plus au dîner. Allons, jouons". Et ils commencent à jouer un autre morceau.

Le contraste est si cru - cette belle musique chantant les visages des hommes et des femmes terrifiés. Au bout d'un moment, une partie du bateau est déjà sous l'eau, les musiciens concluent un morceau et le meneur dit: "Bien, nous y sommes. Bonne chance". Aucun doute qu'il veut que ses amis puissent monter dans une chaloupe à temps, il devrait les y envoyer avant qu'il ne soit trop tard. Ils se serrent la main, et les musiciens partent, pour trouver une place dans les canots. Mais ils n'ont pas fait beaucoup de pas lorsque le meneur fait demi-tour avec son violon et commence à jouer. Il y a quelque chose dans cette musique qui les transperce; ils ne peuvent pas partir. Un à un, ils reviennent vers le meneur, et recommencent à jouer avec lui une nouvelle fois.

Les voilà, comme personne d'autre, affrontant la mort et la peur. Le plus beau bateau du monde est en train de couler sous eux, ils savent qu'ils sont proches d'une mort certaine... Et la seule chose qui paraît au moins marcher est de jouer... Pour montrer cette beauté dans leurs expressions une dernière fois.

Ils jouent une dernière fois, "Nearer, My God, To Thee". L'eau est maintenant sur le pont en train d'envahir leurs chevilles... Il n'y a aucun doute, cette fois, que c'est la fin de la musique. Et dans leur immobilité après la dernière note, le meneur dit, "Gentlemen, ce fut un privilège de jouer avec vous ce soir".

Cette scène me transporta comme aucune autre, parce que cette scène c'est la Vie... Toute la Vie, bien là. Nous coulons tous dans nos propre Titanics. Nos morts sont juste comme les leurs. Nous attendrons aussi confus et terrifiés lorsque nos vies (notre monde en entier) descendront dans la noirceur pour être perdues à jamais. Et pourtant, il y a un peu d'âmes qui en jouent, qui continuent de jouer malgré la mortalité, qui se donnent à cette beauté transcendante, même jusqu'à la fin.

Et ce n'est pas seulement la Vie en général que j'ai vu dans cette scène, mais ma vie. Voilà exactement comment je me sens dans mon travail avec le SKS. J'y mets tant de temps et d'énergie, et c'est si dur... Le monde entier est dans le chaos autour de nous, je me donne moi-même pour partager cet important message: qu'il y a quelque chose qui nous transcende, quelque chose de plus important que nos propres petites vies. La plupart du temps il semble que personne n'écoute. Et pourtant, tout ce que je peux faire est de jouer, jouer parce qu'il n'y a rien d'autre de mieux à faire. Et mes amis, mes vrais amis, entendent la même Voix dans cette musique que moi, quelque chose de plus gros qu'eux-mêmes, de plus beau et de plus important, et ils jouent avec moi. Il n'y a rien de plus important. Il n'y a pas de meilleur amour, que l'amour que j'ai pour ceux qui aiment la même musique que moi. Voilà pourquoi, à la fin, lorsque le monde entier sera sous l'eau et perdu dans la noirceur, lorsque tout ce qui est beau et vivant sera irémédiablement perdu, lorsque ma vie arrivera à sa fin, je regarderais mes amis au SKS alors que la dernière note suspendra sa course dans l'air, et je dirais, "Gentlement, ce fut un privilège de jouer avec vous ce soir".

-- -- --

The Titanic
Georg Buehler
UNC Chair
http://www.selfknowledge.org/symposium/symoct98/symoct98.htm#p

Par Antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Profil

Rechercher

Musique

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus